LE LABORATOIRE DE RECHERCHE EN SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DU CELSA
UR 1498
Communication avec actes

L’accès direct au monde / L’écran dénié

Balises pour un débat théorique autour des médias informatisés
Emmanuël Souchier, Olivier Fournout, Isabelle Garron
La société de la connaissance à l’ère de la vie numérique, GET éd., 2007, p. 192-199

L’accès à Internet —et ce qui fait son succès— repose sur des actes de lecture et d’écriture de textes. Le « texte » est ici compris au sens large du terme et inclut « toutes les informations verbales, visuelles, orales et numériques, sous la forme de cartes, de pages imprimées, d'archives sonores, de films, de cassettes vidéo, de banques de données informatiques » [1]. Or, tout texte introduit une distance entre son auteur et son lecteur. Les analyses sémiotiques qui se penchent sur la communication écrite et visuelle l’ont constaté depuis longtemps. Pour Platon déjà, l’écrit est principialement en manque du « secours de son père ». Dès lors, comment comprendre les discours publicitaires qui accompagnent les médias informatisés et ne cessent de vanter un accès direct au savoir, un accès direct à “l’autre” que seraient censés autoriser ces médias informatiques interconnectés ? Cet article explore les deux termes de ce paradoxe qui nie la distance inhérente à toute communication écrite pour la dissoudre dans un discours mythique fondant la relation au monde et la relation à l’autre sur le fantasme d’un contact direct, de proximité ou de fusion. Mais que nous dit ce discours idéologique qui cherche à nier l’essence même de ces objets : leur caractère technique et leur fonction médiatique ? 

 

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